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Les think tanks musclent leur jeu en vue de 2027

Les think tanks musclent leur jeu en vue de 2027

politico.eu 31.08.2026 05:00 14 views
À l’approche de l’élection présidentielle, les think tanks passent comme tous les 5 ans à la vitesse supérieure. Et s’interrogent plus que jamais sur le ton à adopter, dans un paysage politique fragmenté et polarisé.

Si la campagne présidentielle démarre à peine pour les candidats comme pour la plupart des Français, les think tanks, eux, entrent dans le money-time de leur saison, prêts à faire assaut de propositions choc pour se servir de la campagne comme vitrine. L’Institut Montaigne, laboratoire d’idées libéral qui dispose du plus gros budget, publiera ainsi vingt-cinq notes thématiques le 6 octobre et recevra plusieurs directeurs de campagne au fil de l’automne. Cochez également le 10 septembre, pour les préconisations de l’Institut de l’entreprise sur l’éducation (la santé et l’innovation suivront) —toutes chapeautées par des patrons qui en sont membres — et le 12 du même mois pour la journée des idées du plus jeune Institut Rousseau, présidé par l’économiste Nicolas Dufrêne.

Mais encore : le 14 octobre ce sera la présentation du plan “robuste” du Shift Project de Jean-Marc Jancovici pour l’économie française. Spécialisé sur les questions économiques et écologiques, l’Institut Avant-garde annoncera quant à lui ses solutions sur le financement des transitions cette semaine dans le Nouvel Obs, qui en a obtenu l’exclusivité. L’exercice est un passage obligé pour ces clubs de réflexion à cheval entre le monde académique, économique et de la haute fonction publique, qui tous cherchent à montrer sa capacité d’influence.

Par le passé, certains think tanks avaient réussi à marquer les campagnes présidentielles de leur empreinte : ainsi du “produire en France” défendu par la fondation Concorde, thème de François Bayrou, en 2011 ; l’organisation d’une primaire au PS revendiquée par Terra Nova ; la “règle d’or” de la Fondapol qui suggérait il y a quinze ans d’inscrire une norme de déficit dans la Constitution ou encore le dédoublement des classes dans les quartiers populaires, soufflée par l’Institut Montaigne au candidat Macron dès 2016. Qu’en sera-t-il pour le cru 2027, dans le contexte d’un débat champ médiatique et politique très polarisé ? Une chose est sûre : les laboratoires d’idées conservateurs ou d’extrême droite occupent une place grandissante.

Le cercle Orion voit d’ailleurs dans la campagne l’occasion de “rouvrir la guerre des idées” dans son premier document, tout comme l’Institut de l’espérance “d’inspiration chrétienne”, fondé il y a un an par Vincent Bolloré, qui achève avec un peu de retard son manifeste pour le début de l’automne. L’Observatoire de l’immigration et de la démographie, qui accumule les reprises dans les médias plutôt classés à droite, a préparé un projet de révision constitutionnelle. L’Institut Thomas-More, un franco-belge, a déjà dressé son inventaire des “50 décisions qui ont coulé la France” ces cinq dernières décennies.

C’est aussi l’angle retenu par les nouveaux venus Hexagone ou Hémisphère droite, tous les deux de tendance conservatrice. Ces structures sont financées par Périclès, l’organe d’influence du milliardaire Pierre-Edouard Stérin, décrit comme une “pépinière d’initiatives métapolitiques” par son directeur général Arnaud Rérolle. Face à la prégnance des thèmes imposés par le Rassemblement national et La France insoumise, la fabrique des idées se double donc d’une bataille culturelle.

Mais les modérés ne sont pas en reste : ce printemps déjà, plusieurs think tanks se sont attelés à une rare tribune collective pour se dresser comme un “outil primordial de stabilité et de modération”, alors que le “débat public s’électrise de plus en plus”, nourri aussi par “les nouveaux diktats de la communication politique”. L’Institut Montaigne, l’Institut Terram, la Fabrique de l’Industrie ou encore la fondation Robert-Schuman étaient signataires. Thierry Pech, qui dirige le progressiste Terra Nova, explique par exemple que des textes “de riposte” seront préparés sur les “propositions les plus contestables” du Rassemblement national, comme prochainement l’analyse des votes de leurs eurodéputés.

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