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La France plaide pour 60 milliards d’euros de nouvelles taxes européennes

La France plaide pour 60 milliards d’euros de nouvelles taxes européennes

politico.eu 08.09.2026 17:22 5 views
L’instauration de nouvelles taxes européennes pour financer le budget à long terme de l’UE fait l’objet de résistances de la plupart des Etats membres.

BRUXELLES — Pour la France, les nouvelles taxes européennes, discutées dans le cadre du prochain budget pluriannuel de l’UE, devraient s’élever à plus de 60 milliards d’euros, selon trois diplomates européens qui ont souhaité garder l’anonymat en raison du caractère confidentiel des discussions. Paris s’est imposé comme le principal défenseur de ces nouvelles taxes, appelées “ressources propres” dans le jargon bruxellois, soulignant qu’elles permettront de générer davantage de recettes à consacrer aux priorités de l’UE, telles que la défense et la compétitivité, et de réduire les contributions nationales. Le soutien de Paris est essentiel pour parvenir à un accord entre les gouvernements européens sur une proposition de budget d’ici la fin de l’année, avant que les élections prévues en 2027 en France, en Italie, en Pologne et en Espagne ne menacent de faire dérailler les négociations.

Certains craignent toujours qu’un accord budgétaire défavorable à la France ne profite au Rassemblement national, dont la candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, est actuellement en tête dans les sondages et plaide pour réduire de moitié les contributions de Paris au budget de l’UE. Lors d’une discussion à huis clos mardi, le représentant permanent de la France auprès de l’Union européenne (sorte d’ambassadeur tricolore auprès de Bruxelles), Philippe Léglise-Costa, a énoncé à ses collègues que les nouvelles taxes européennes devraient être de plus de 60 milliards d’euros — un seuil élevé pour la plupart des autres pays, selon des diplomates ayant une connaissance directe des discussions. Aucun des autres pays n’a précisé le montant qu’il souhaitait générer grâce à ces nouvelles taxes.

Si la plupart des gouvernements sont favorables à la mise en place de nouvelles ressources propres, ils émettent toutefois des réserves quant aux propositions concrètes qui sont sur la table. La proposition de la Commission européenne, présentée en juillet 2025, prévoyait cinq nouvelles taxes qui pourraient générer jusqu’à 66 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Mais ce plan s’est heurté à la résistance des Etats membres.

La présidence irlandaise du Conseil de l’UE, qui pilote les discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel (CFP, l’appelation technique du budget à long terme de l’Union), a pour objectif de réduire la liste des ressources propres jugées acceptables par les pays européens lors d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tiendra à Bruxelles le 15 octobre. Lundi, Dublin s’est félicité du “consensus” atteint entre les gouvernements pour instaurer de nouvelles taxes visant les pollueurs étrangers — appelée mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) — et les déchets électroniques. Celles-ci pourraient générer respectivement 1,64 milliard et 17,9 milliards d’euros par an en moyenne entre 2028 et 2034.

Au cours de la discussion de mardi, la Commission a laissé entrevoir la possibilité d’ajuster certaines propositions fiscales afin de générer davantage de recettes que ce qui était initialement prévu, relate l’un des diplomates. Mais coup dur pour la France : d’autres propositions fiscales — visant les produits du tabac, le chiffre d’affaires des entreprises et les recettes issues du marché carbone (ou système d’échange de quotas d’émission) — se sont heurtées à l’opposition de plusieurs pays, d’après une note de l’Irlande consultée par POLITICO.

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