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Nucléaire : la fermeture de centrales ne fait plus recette à gauche

Nucléaire : la fermeture de centrales ne fait plus recette à gauche

politico.eu 27.08.2026 11:24 4 views
Insoumis et Ecologistes ne s'engagent plus aussi fermement pour une fermeture rapide de centrales nucléaires.

PARIS — Alors que les programmes sont en cours de finalisation dans les différentes écuries présidentielles, les lignes bougent à gauche sur la question des centrales nucléaires. Historiquement hostiles à l’atome, La France insoumise et les Ecologistes ont adouci leur position avant l’élection de l’année prochaine. S’ils refusent de construire de nouvelles centrales, ils font toutefois le constat que les réacteurs existants ne peuvent pas être arrêtés tout de suite.

Le parc nucléaire français compte 57 réacteurs. Le plus récent, l’EPR de Flamanville, a été raccordé au réseau à la fin de l’année 2024. Les plus anciens ont 40 ans, soit l’âge limite prévu à leur construction, mais ils sont au fur et à mesure autorisés à fonctionner dix ans de plus.

Une prolongation de la durée de vie qui a changé la donne en repoussant la crainte d’un “effet falaise” consécutif à la fermeture de plusieurs centrales dans un court laps de temps. Une position déjà défendue par la députée Julie Laernoes à l’Assemblée au printemps 2024. Le programme des Ecologistes pour 2027 prévoit donc une sortie du nucléaire “planifiée” dans les vingt prochaines années, pour “éviter une rupture brutale de production et d’approvisionnement”, là où, en 2022, leur candidat Yannick Jadot prévoyait des fermetures dès 2035 et l’arrêt du chantier de l’EPR de Flamanville.

De leur côté, dans leur programme présidentiel de 2022, les Insoumis voulaient arrêter les réacteurs après 40 ans de fonctionnement et planifiaient une sortie de l’atome d’ici 2050. Les deux partis plaident pour un mix électrique 100% renouvelables. Mais le développement au ralenti des énergies renouvelables et l’absence de réelle politique de sobriété les poussent à revoir leur copie.

Le même constat a poussé les socialistes à modifier leur approche en prévoyant la construction de plusieurs réacteurs (en 2022, la candidate du PS à la présidentielle Anne Hidalgo proposait une sortie "du nucléaire aussi vite que possible"). Même si tous ne sont pas d’accord sur le nombre, relevait POLITICO au printemps. "A l'avenir, la part du nucléaire restera à un niveau plus élevé que celui que j'avais prévu, notamment avec le lancement de nouveaux EPR, mais surtout avec la prolongation de nos centrales", souligne même François Hollande, dans un entretien au magazine Le Point, publié le 27 septembre.

C'est donc toute la gauche qui revoit sa copie. Il faudra “des ajustements de temporalité”. Mais il est selon lui “urgent de planifier la sortie du nucléaire, sinon on risque d’en sortir plus vite qu’on ne le pense”.

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